Deadlight, l’apocalypse vue de profil

« Oh super ! un nouveau jeu avec des zombies, comme c’est original », persiflerez-vous en prenant connaissance de Deadlight. Vous auriez cependant tort de le déconsidérer pour la seule raison qu’il arrive sur un terrain déjà bien investi. Un jeu de zombies, certes, mais pas tout à fait comme les autres.

Si je devais vous démontrer que Deadlight sort des sentiers battus, je ne vous parlerais probablement pas du scénario. Sans fioriture ni excentricité, le jeu s’inscrit dans un classicisme bien connu des habitués du genre : vous y incarnez Randall Wayne, membre d’un groupe de survivants au milieu des zombies, et qui — originalité suprême — n’a qu’une idée en tête, retrouver sa femme et sa fille. Toute ressemblance avec une bande dessinée (puis une série et un jeu vidéo) à succès ne serait que purement fortuite. On se gausse, on se gausse, il n’empêche que Deadlight est plutôt bien écrit et le scénario est du reste servi par un background fouillé, en témoignent les nombreux indices à découvrir sur votre route et les soixante pages du journal intime de Randall. Les dialogues, rares, sont quant à eux correctement doublés quoi que peut-être légèrement surjoués.

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Mais l’originalité de Deadlight s’observe à partir de n’importe quelle capture d’écran ; il s’agit de son aspect 2D, lequel implique une progression linéaire de la gauche vers la droite ainsi qu’un level design bien spécifique. D’ailleurs, si l’on excepte l’atmosphère, le titre se rapproche assez d’un jeu comme Trine : outre l’aspect 2D évident, les deux se concentrent davantage sur les phases de plateforme que sur les combats. Les énigmes, elles, sont quasiment absentes de Deadlight, ou alors d’une facilité déconcertante.

La comparaison avec Trine s’arrête également sur le plan graphique. Deadlight n’est pas laid, loin de là, et les jeux de lumière font plutôt bonne figure. Mais la banalité des environnements (égouts, hôpital, chantiers, etc.) ne lui permet pas de se démarquer. D’un point de vue purement technique, il est fortement conseillé de forcer, via les pilotes de votre carte graphique, l’anticrénelage, désactivé par défaut et absent des rares options du jeu. Un conseil, également : n’utilisez qu’avec précaution le bouton start (ou échap.), qui a tendance à faire planter le jeu.

Si les affrontements occupent une place marginale dans le jeu, c’est avant tout parce que le joueur n’y est aucunement incité : Randall s’épuise rapidement, dispose d’un arsenal limité et succombe immanquablement dès lors que plus de deux ou trois zombies parviennent à l’encercler. La solution préconisée ? La fuite en avant, et si possible le plus rapidement, pour ne pas se laisser déborder. Et puis, il apparaît vite que les zombies ne sont peut-être pas votre plus gros problème. Les miliciens et les militaires constituent une menace bien plus insidieuse.

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L’autre conséquence de la double dimension réside dans la très forte linéarité du jeu. Vous ne cherchez jamais votre chemin, il est à droite. Heureusement, les développeurs sont parvenus à faire entrer la verticalité dans l’équation, et les niveaux ne sont pas aussi plats que ce à quoi on pouvait s’attendre. Il n’en reste pas moins que la dimension de la profondeur doit être prise en compte ; il n’est en effet pas rare que les dangers les plus grands proviennent du second plan. Soyez donc attentifs à ce qui se trame au-delà de votre épaule gauche.

Car, dans Deadlight, la mort arrive vite, et généralement lorsqu’on s’y attend le moins. Le jeu n’est pas difficile, non, mais la technique éculée du die and retry lui autorise certains passages sources de frustrations. Ainsi, si vous ne calculez pas votre course au pixel près ou au dixième de seconde près, vous périrez quoi qu’il arrive, en étant pourtant persuadé d’avoir fait tout ce qu’il faut. On comprend que ces quelques phases, au demeurant plutôt rares, viennent rehausser le niveau de difficulté en moyenne peu problématique. On aurait cependant aimer une autre manière d’équilibrer le jeu. Passés ces quelques moments désagréables, Deadlight se laisse facilement prendre en mains, à tout le moins si vous disposez d’un pad Xbox 360. Il y a bien des fois où votre personnage ne saute pas dans la bonne direction mais ce souci, inhérent à tous les jeux du genre, est pallié par la proximité entre chaque checkpoint.

Vendu dans un premier temps sur le seul Xbox Live Arcade et sorti plus tard sur Steam, Deadlight n’a jamais eu la prétention d’un grand jeu. Sa durée de vie s’en ressent : prévoyez environ quatre heures pour terminer l’ensemble des trois chapitres. Je vous conseille d’ailleurs de consacrer une session de jeu à chaque chapitre, pour vous éviter toute saturation. Notez que finir le jeu permet de débloquer un Nightmare Mode — dans lequel votre progression n’est pas sauvegardée (!) — et que vous pouvez toujours rejouer chaque niveau pour en dénicher tous les secrets. Deadlight se présente donc comme l’archétype du petit jeu sympa mais pas exceptionnel, idéal en cas d’après-midi froid et pluvieux. N’en attendez pas monts et merveilles, mais il saura vous divertir quelques heures, y compris si vous pensez connaître tout de la culture zombie. Question prix, soyez raisonnables et n’hésitez pas à attendre une promo quelconque.

Quelques extraits mis bout à bout

Deux ou trois bidouilles

Pour supprimer les logos à chaque lancement du jeu, rendez-vous dans le dossier \Steam\steamapps\common\Deadlight\LOTDGame\Movies et renommez en ce que vous souhaitez les cinq fichiers commençant par splash_screen.

Pour outrepasser la barre des 60 images par seconde, procédez comme suit :

  • rendez-vous dans le dossier : \Documents\My Games\UnrealEngine3\LOTDGame\Config ;
  • ouvrez le fichier LOTDEngine.ini ;
  • cherchez la variable MaxSmoothedFrameRate et modifiez la valeur 60 pour un chiffre plus élevé (200, par exemple).

Pour activer/désactiver le HUD :

  • toujours dans le même dossier, ouvrez le fichier LOTDInput.ini ;
  • insérez-y la commande Bindings=(Name=”K”,Command=”ToggleHUD”) ou Bindings=(Name=”K”,Command=”showhud”) ;
  • en jeu, activez et désactivez l’interface avec K (libre à vous de choisir une autre touche).
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