Max Payne 3, un chauve sous le soleil

On savait déjà que le Brésil fait partie des pays au taux d’homicide le plus élevé du monde ; on sait désormais qu’un dénommé Max Payne a contribué, dans une large mesure, à ce triste record. En effet, dans Max Payne 3, le célèbre policier dépressif y abat des dizaines et des dizaines de personnes, même s’il ne fait que répliquer à de viles attaques. Mais, si Max pouvait impunément massacrer à New York, pourquoi pas à São Paulo ?

Changement de direction pour le troisième volet de la série Max Payne : le studio de développement n’est plus Remedy (qui est passé sur l’excellent Alan Wake), mais Rockstar, généralement un gage de qualité. L’action ne se déroule plus dans les sombres allées new-yorkaises, mais dans la luxuriante et violente jungle (urbaine) brésilienne. Après ses déboires sentimentaux au pays de l’Oncle Sam, Max Payne prend le large et officie comme garde du corps pour un riche homme d’affaires brésilien, dont la femme se fait rapidement enlever. Le vaillant ex-détective part à sa recherche et découvre rapidement que derrière le kidnapping se trouve autre chose, évidemment peu reluisant.

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Ainsi, la majorité des scènes tiennent place au Brésil, mais les nostalgiques du New York by night pourront se consoler sur quelques niveaux racontant comment Max est passé de la Grosse Pomme aux fruits plus exotiques de São Paulo. Le détective n’a pas perdu de son charisme, et c’est lui qui nous raconte son histoire, animé de son état d’esprit habituel, mélange d’alcoolisme et de mélancolie, le premier exacerbant la seconde. Il est malheureusement le seul personnage vraiment charismatique de cette nouvelle aventure et même le grand méchant, difficilement identifiable, manque de personnalité. L’aventure tombe assez rapidement dans les poncifs du genre et seule la descente aux enfers de Max Payne vient sortir le scénario de la banalité dans laquelle il a tendance à s’enfoncer.

Autre sacrilège pour les puristes : les fameux romans-photo qui faisaient tout le charme de la narration des précédents Max Payne ont disparu pour laisser place à de classiques et (trop) nombreuses cinématiques, dont la seule originalité est de faire ressortir les mots-clés des dialogues. Vous pouvez donc oublier l’élégant sous-titre de Max Payne 2 : « A film noir love story », qui n’a ici plus du tout cours. Heureusement, plusieurs références bien connues des amateurs sont reprises, à commencer par les programmes de télévision tellement débiles qu’ils en deviennent crédibles. Rockstar oblige, la mise en scène reste honorable, mais l’originalité de la franchise se dissout quelque peu. Rockstar oblige (encore), les dialogues sont de très bonne facture, en anglais ou en portugais, bien que, assez inexplicablement, seuls les dialogues anglais soient traduits ; on passe ainsi à côté de nombreux textes, dont on comprend certes le sens général, mais pas la signification exacte.

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Si la narration de Max Payne 3 se distingue donc de ses prédécesseurs, tel n’est pas le cas de la jouabilité, à quelques exceptions près. On retrouve ainsi un jeu rapide, violent, largement ponctué de bullet time ; un jeu toujours assez difficile, notamment du fait d’un minuscule réticule et d’une barre de vie descendant très rapidement. Quelques nouveautés doivent toutefois être signalées, la plus importante étant la possibilité de se mettre à couvert et donc d’avancer plus prudemment qu’auparavant. Certains aimeront, d’autre non, mais il faut avouer que, désormais, les combats ressemblent furieusement à ceux d’un Grand Theft Auto IV, le bullet time mis à part. Une autre nouveauté réside dans la gestion crédible de l’inventaire : Max ne peut transporter que deux armes de poing ainsi qu’une plus grosse arme (fusil à pompe, fusil d’assaut, …) ; lorsqu’il se sert de ses armes de poing, il ne range pas l’autre arme dans sa poche magique, mais la porte à bout de bras. Tout cela peut sembler anecdotique, mais le choix des armes en devient essentiel, d’autant plus que les munitions ne sont pas toujours abondantes. Autre nouveauté à signaler : quelques phases de rail shooting, inégales dans leur rythme et dans leur réalisation.

Bien que les deux premiers Max Payne accusent leur âge, il faut reconnaître qu’ils ont plutôt bien vieilli, le niveau imposé ayant été placé assez haut à leur sortie. Qu’en est-il du troisième épisode ? En mon sens, il s’en tire très bien, même s’il ne jouera pas le rôle de mètre-étalon en la matière. Les environnements sont colorés, détaillés mais assez inégaux selon que l’on se situe dans un niveau confiné (les favelas, typiquement) ou plus ouvert (un aéroport). D’un point de vue technique, Max Payne 3 m’a beaucoup rappelé Mafia II — et c’est un compliment —, y compris pour l’optimisation, étonnamment poussée pour un jeu Rockstar. Cerise sur le gâteau : les mouvements atteignent une fluidité et une crédibilité que l’on aimerait voir plus souvent.

Se placer à la suite de deux titres mythiques n’est jamais aisé. Les développeurs doivent à la fois se renouveler mais ne pas décevoir les inconditionnels. Rockstar a, avec Max Payne 3, plutôt bien réussi ce challenge en déplaçant l’intrigue vers des contrées plus exotiques, tout en gardant le gameplay nerveux que l’on avait précédemment apprécié. On regrettera toutefois que ledit gameplay soit au final si peu mis à contribution, les cinématiques occupant une trop grosse partie du mode solo. Reste que je vois difficilement comment un fan de Max Payne pourrait passer à côté de ce troisième épisode, certes plus conventionnel et plus générique que les précédents, mais toujours aussi prenant.

En marge : pour une raison inconnue, je n’ai pas pu accéder au mode multijoueur de Max Payne 3. J’aurais certainement pu arriver mes fins en opérant quelques recherches. Mais, pour tout vous dire, je ne m’en offusque pas, et cela m’arrange plutôt : je n’ai pas vraiment de temps à y consacrer et l’avalanche de DLC (payants) multijoueurs ne me donne pas particulièrement envie de ne voir qu’une portion de ce que le jeu a à offrir.

Du Brésil à New York, Max nous fait voyager avec ces deux extraits

Pour supprimer le logo de Rockstar au lancement du jeu :

  • rendez-vous dans le dossier Max Payne 3\common\movies ;
  • déplacez le fichier mp3_payne_pill_rockstar_logo.bik dans un sous-dossier créé à cet effet ;
  • dans le dossier movies, créez un fichier texte vide que vous nommez mp3_payne_pill_rockstar_logo.bik ;
  • cela aura pour effet de lancer un fichier vidéo vide, soit de ne lancer aucune vidéo.
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