Assassin’s Creed: Revelations, aller simple pour Constantinople

Si, comme moi, vous vous lancez dans Assassin’s Creed: Revelations peu après avoir terminé l’épisode précédent, Brotherhood, vous n’aurez pas l’impression d’avoir affaire à une suite, mais à une simple prolongation. Que vous considériez le scénario ou la jouabilité, vous ne serez donc pas dépaysés. Pour autant, l’amateur de la série ne crachera pas sur une telle prolongation, dès lors qu’il a pu savourer la qualité de ce qui précède.

Pour faire court, et parce que je n’aime pas me répéter dans mes billets, je renvoie le lecteur au test de Brotherhood, dont le libellé s’applique en grande partie à Revelations. Je ne ferai ici que souligner les quelques différences et nouveautés.

Nouvelles bases scénaristiques. Ezio Auditore a pris de la bouteille depuis qu’on l’avait quitté après sa conquête de Rome. Nonobstant son âge avancé, le bougre ne manifeste pas pour conserver ses acquis sociaux, mais poursuit une vie aventureuse à Constantinople ; plus chaste, seulement. En résumé, Ezio retrouve à Constantinople un cousin éloigné, le dénommé Yusuf, et s’établit dans la ville pour lutter contre ces satanés Templiers. Mais c’est surtout du côté de Desmond Miles, le descendant, que les révélations interviennent. Plus ou moins bloqué dans l’Animus, Desmond nous permet d’en apprendre plus sur sa jeunesse et également sur l’origine du monde (si, si !). Que vous soyez créationniste ou évolutionniste, vous devrez d’ailleurs voir vos cheveux se hérisser, tant les scénaristes semblent avoir usé de psychotropes. Il n’empêche, tout a été fait pour que vous restiez à Constantinople, sans (presque) jamais voir ressurgir le présent, ce qui est une très bonne chose. Le passé vous rattrapera néanmoins au cours de quelques missions, dans lesquelles vous incarnerez Altair, protagoniste du tout premier Assassin’s Creed et logiquement descendant d’Ezio. Pour vous mettre dans la bain, rien de mieux que la magnifique vidéo d’introduction du jeu, laquelle avait été diffusée lors de l’E3 de 2011.

Constantinople, entre orient et occident. Pour ceux qui ne le savent pas encore, ce que je nomme Constantinople, c’est l’actuelle Istanbul, ville de Turquie séparée par le cours du Bosphore. Ubisoft nous sort donc de l’Italie pour nous plonger au cœur d’un univers bien différent, plus proche de ce que l’on voyait habituellement dans les Prince of Persia. Mosquées, bazars, poufs, niqabs, Soliman le Magnifique, Ottomans et Byzantins sont de la partie. Encore une fois, il nous est prouvé que l’éditeur sait embaucher de très bons artistes : je n’ai personnellement jamais été dans ce coin du globe aux alentours du XVIe siècle, mais ce qui est reproduit dans Revelations respire le travail bien fait et minutieusement documenté. Peu de choses à reprocher à la ville, si ce n’est que, bien qu’apparemment plus petite que Rome, on a un peu de mal à s’y retrouver car son plan n’a rien de régulier. Au reste, la partie campagnarde des précédents volets est abandonnée, ainsi que les équidés qui vont avec. Je n’en suis pas fâché, préférant marcher que galoper, et trouvant la campagne assez morne dans les Assassin’s Creed.

Se concentrant sur des environnement étroits, le jeu atténue ainsi l’aspect technique le plus disgracieux de ses aînés : le clipping (affichage tardif des éléments du décor) n’est plus visible et l’immersion s’en trouve renforcée. Pour le reste, peu de nouveautés, à l’exception d’une meilleure gestion des lumières et d’une amélioration des animations faciales. Contrepartie de ces innovations : un framerate légèrement en-deçà de Brotherhood, mais toujours honorable compte tenu de la qualité visuelle globale. Un reproche, toutefois, la subsistance de quelques bugs — de collision, bugs visuels, succès qui ne se débloquent pas —, pas handicapant, mais auxquels la série ne nous avait pas habitués.

Sachez enfin que Constantinople n’est pas tout à fait la seule et unique ville présente dans l’aventure. Une autre cité, de taille plus modeste, mais tout à fait atypique de par son emplacement, vous est dévoilée dans la deuxième partie du scénario. Je n’en dis pas plus, mais ce fut pour moi une agréable surprise.

Vidéo du cycle jour-nuit, accélérée 50 fois ; en fond sonore, l’excellente bande son composée par Jesper Kyd

La vue subjective, la nouveauté de trop. Pour varier les plaisirs et justifier le nom de suite à la place de celui d’extension, les développeurs ont eu l’idée saugrenue d’intégrer à Revelations plusieurs phases de plateforme en vue subjective, se déroulant dans l’univers abstrait de l’Animus. Desmond y retrouve quelques réminiscences de son enfance et pose des blocs pour avancer, dans une mauvaise imitation d’un concept popularisé par Portal, je veux parler du first person puzzle. Heureusement, ces phases sont facultatives, mais si le scénario vous intéresse, vous êtes plus ou moins forcés de les subir.

Autres petites innovations. Parmi les autres nouveautés que l’on retiendra de cet opus, se trouvent notamment l’introduction des bombes, servant à tuer, estropier, gazer, aveugler ou leurrer vos ennemis. Les possibilités qu’elles offrent sont nombreuses et permettent, si l’on se force un peu à les utiliser, de varier les approches. Autre apport, plus modeste : la tyrolienne, autorisant Ezio à parcourir en peu de temps une large distance, du haut vers le bas, dans le respect des règles élémentaires de physique. Enfin, l’aspect gestion développé dans Brotherhood est à la fois simplifié — suppression du peu commode système d’investissements — et complexifié — gestion de votre troupe d’Assassins à l’intérieur de Constantinople ainsi que sur tout le pourtour méditerranéen. Pour cette dernière, ont été introduite des phases de tower defense, sur lesquelles je ne peux malheureusement pas trop me prononcer. En effet, si vous gérez efficacement et rapidement vos troupes, vous ne serez jamais attaqués par les Templiers et n’aurez jamais à défendre vos repaires face à l’ennemi ; vous ne verrez donc, des phases de tower defense, que le didacticiel. Un couac côté game design, assez déplorable selon moi.

Ainsi, à quelques expressions près, Revelations poursuit le travail de perfectionnement de la série Assassin’s Creed en gommant les menus défauts subsistant et en apportant quelques innovations — appréciables pour beaucoup, décevantes pour quelques unes. Une nouvelle fois, je n’ai pas réussi à m’ennuyer au cours des 25 heures qu’il m’a fallu pour terminer le jeu à 100 %, et c’est là l’essentiel. Au surplus, si vous avez en poche 10 euros de trop, vous pouvez acquérir le DLC The Lost Archives, dont le contenu est en majorité composé des médiocres phases en vue subjective, cette fois-ci consacrées au mystérieux Subject 16. Mais si vous voulez un conseil, faites une bonne action avec ces 10 euros et regardez plutôt le tout sur YouTube, d’autant plus que cette somme équivaut aujourd’hui peu ou prou au prix du jeu de base.

Une mission, deux possibilités et une IA perfectible

Et le multi ?

Inauguré dans Brotherhood, l’aspect multijoueur d’Assassin’s Creed est ici repris dans les grandes largeurs. Il est seulement plus varié (avec plein de modes, assez plaisants d’ailleurs) et, surtout, plus peuplé. On trouve facilement une partie en soirée, le mieux restant toutefois de jouer avec des personnes que vous connaissez. Comme dans Brotherhood, les cartes ne se limitent pas à la seule ville de la campagne solo, mais vous font voyager dans toute l’Europe et le Proche-Orient.

Quelques trucs

  • Pour supprimer le logo Ubisoft au lancement du jeu, rien de plus simple : rendez-vous dans le dossier Program Files\Ubisoft\Assassin’s Creed Revelations\Videos et renommez en ce que vous voulez le fichier UBI_LOGO.bik.
  • Pour désactiver le HUD, lancez une partie et désactiver tous les éléments du menu correspondant. L’option n’est pas disponible si aucune partie n’est lancée.
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